Mystères de la Bible N°108 – Daniel le prophète – Chapitre 9A – Soixante-dix semaines

DANIEL LE PROPHÈTE
CHAPITRE 9A – SOIXANTE-DIX SEMAINES
Au fur et à mesure que le récit progresse, le livre de Daniel devient de plus en plus fascinant. Dans ce chapitre, nous allons voir comment Daniel prend connaissance de dates très précises concernant le sacrifice et la mort du Messie, et la durée du futur règne de l’antéchrist.
Mais pour commencer, on nous révèle que Daniel était en train d’étudier les écrits de son contemporain, Jérémie – écrits qui portaient sur la destinée du peuple juif et la durée de leur captivité à Babylone. C’est un détail intéressant dans la mesure où cela nous apprend que Daniel connaissait Jérémie et qu’il le reconnaissait comme un prophète, ce qui n’était malheureusement pas le cas de la majorité des Juifs de l’époque restés en Juda.
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Durant cette période mouvementée de l’histoire de Juda, le Seigneur avait donné à la nation trois prophètes majeurs, en l’occurrence Daniel, Ézéchiel et Jérémie.
Nous savons déjà que Daniel fut emmené en captivité lorsque Nabuchodonosor assiégea et conquit Jérusalem pour la première fois, en 605 avant J.-C.
Ézéchiel était parmi les Juifs qui furent déportés à Babylone (Ézéchiel 1:1) lors du second siège et de la prise de  Jérusalem, en 597 avant J.-C. Les Juifs s’étaient rebellés contre le joug de Babylone, mais Nabuchodonosor écrasa rapidement cette rébellion.
A la mort de Yehoyaqim, Yehoyakîn avait hérité du trône de son père, mais il n’avait régné que quelques mois avant sa défaite. Nabuchodonosor emmena Yehoyakîn, sa famille et sa suite, ainsi que 10 000 Juifs, en captivité à Babylone.
Entre temps Nabuchodonosor installa Sédécias, le dernier des fils de Josias, comme roi à la place de son neveu (2 Rois 24:10–17)
Pendant toute cette période, Jérémie, qui était resté en Juda, prophétisa, dès le règne de Josias et au cours des règnes successifs de ses fils et petits-fils, la destruction complète de Jérusalem par Nabuchodonosor en 587/586 avant J.-C. Plus tard, à la suite de l’assassinat du gouverneur babylonien, Jérémie accompagna les Juifs qui étaient restés en Juda, dans leur exil en Égypte.
Il est intéressant de remarquer que le Seigneur fait mention de Daniel à trois reprises dans les prophéties d’Ézéchiel (Ézéchiel 14:14,20; 28:3)
Il semble que la probité et la sagesse de Daniel aient été proverbiales parmi les Juifs exilés. Dans ce chapitre, nous apprenons aussi que Daniel lit les prophéties de Jérémie.
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Il existe deux passages des écrits de Jérémie dans lesquels le Seigneur prédit que les Juifs seraient emmenés en captivité à Babylone pendant 70 ans :
Voici le message qui fut adressé à Jérémie, au sujet de tout le peuple de Juda, la quatrième année de Yehoyaqim, fils de Josias, roi de Juda (ce qui correspond à la première année du règne de Nabuchodonosor, roi de Babylone)
Jérémie, le prophète, s’adressa à tout le peuple de Juda et à tous les habitants de Jérusalem en ces termes : « … Le pays tout entier ne sera plus que ruines et terre dévastée. Toutes les nations seront assujetties au roi de Babylone pendant soixante–dix ans. » (Jérémie 25:1–2,11)
Car voici ce que déclare l’Éternel : « C’est seulement au bout des soixante–dix années allouées à Babylone que J’interviendrai en votre faveur, pour accomplir la promesse que Je vous ai faite de vous faire revenir dans ce pays » (Jérémie 29:10)
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Cette prophétie très explicite fut accomplie de deux façons particulièrement significatives : premièrement, les Babyloniens conquirent Jérusalem à trois reprises.
Écœuré de devoir réprimer les rébellions à répétition des Juifs, Nabuchodonosor saccagea la ville et le temple en 587/586 avant J.-C.
Deuxièmement, les Juifs furent emmenés en captivité à Babylone et dans les environs, où ils servirent les rois de ce pays pendant 70 ans. Examinons ces dates de plus près :
Nabuchodonosor emmena ses premiers captifs de Jérusalem en 605 avant J.-C., et on considéra que cela marquait le début des 70 années de captivité.
Cyrus autorisa les exilés à repartir en 538 avant J-.C., mais leur retour ne fut effectif qu’en 536 avant J.-C.
Cette année-là, 42 360 Juifs retournèrent à Jérusalem sous la conduite de Sheshbatsar, le chef de Juda (Esdras 1:7–10; 2:64) – auquel Cyrus avait rendu les instruments du temple confisqués par Nabuchodonosor — assisté du prêtre Josué et de Zorobabel.
Soixante-dix années prophétiques (voir l’explication d’une année prophétique un plus loin dans ce chapitre) sont égales à 69 années solaires ou calendaires. 69 ans séparent 605 avant J.-C. de 536 avant J.-C.
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Après avoir lu ces prophéties, Daniel adresse à Dieu une des prières les plus poignantes de la Bible, où il confesse ses fautes et celles de son peuple, et demande au Seigneur de leur pardonner leurs iniquités.
Puis l’archange Gabriel apparaît encore une fois à Daniel pour lui transmettre une autre révélation. Cette révélation concerne le nombre 70, mais cette fois-ci, il est question d’une période de « soixante-dix semaines »
La révélation prédisait, entre autres choses, l’année exacte où Jésus, le Messie, serait crucifié. En outre, la façon dont elle était formulée rendait son accomplissement encore plus remarquable que s’il avait simplement donné une date précise. Elle découlait d’événements, qui n’avaient pas encore eu lieu à l’époque où Daniel avait reçu la prophétie (aux environs de 538 avant J.-C.)
Le mot « semaine » vient de la transcription du mot hébreu shabua, qui signifie à la fois une semaine de sept jours et le chiffre « sept » ou « un groupe de sept éléments »
Dans le livre de la Genèse, on trouve un passage qui contient le mot shabua à propos du patriarche Jacob. Il avait travaillé pendant sept ans pour le compte de son oncle Laban, pour avoir le droit d’épouser Rachel, la fille cadette de Laban. Laban avait trompé Jacob en substituant sa fille aînée, Léa, à Rachel le jour de ses noces. Jacob était furieux, mais Laban insista en faisant valoir qu’il était plus convenable de marier en premier sa fille aînée ; toutefois, il promit que si Jacob terminait la semaine de noces avec Léa, « … nous te donnerons aussi l’autre en contrepartie de sept autres années de travail chez moi. » (Genèse 29:27)
Dans ce passage, shabua signifie une période de sept ans et, par conséquent, on peut supposer que les « semaines » de la prophétie de Daniel 9 sont des périodes de sept ans.
Lorsqu’on additionne les 7 semaines aux 62 semaines mentionnées en Daniel 9:25, on obtient un total de 69 semaines. En multipliant 69 par 7, on obtient 483 ans.
Dieu annonçait à Daniel que 483 ans s’écouleraient entre le moment où l’ordre de retourner à Jérusalem pour la rebâtir serait donné et la mort du Messie, Jésus.
Cela étant, nous allons maintenant examiner la façon dont on calculait « une année » dans l’Antiquité.
Sir Isaac Newton (1642–1727) écrivait:
« Avant que l’on connaisse la durée de l’année solaire, toutes les nations calculaient la durée des mois en se basant sur la révolution de la lune, et la durée d’une année par le cycle des saisons : été, automne, hiver, et printemps. Pour déterminer les dates des festivals, le calendrier de l’Antiquité divisait le mois lunaire en 30 jours, et l’année en 12 mois lunaires, en arrondissant ; et c’est de là que vient la division de l’écliptique [le grand cercle sur la sphère céleste représentant la trajectoire annuelle du soleil vue de la Terre] en 360 degrés » (Le Prince qui viendra [1894] par Robert Anderson, page 68)
Autrement dit, dans l’Antiquité, l’année était divisée en 360 jours.
On trouvera une confirmation biblique de la durée de ce que les commentateurs et érudits bibliques appellent parfois « l’année prophétique », en Genèse 7:11,24 et 8:3–4. Nous lisons que 150 jours s’écoulèrent depuis le début du déluge biblique, qui survint à l’époque de Noé, jusqu’à ce que l’arche se pose au sommet du Mont Ararat. On nous précise que cette période commença le 17ème jour du second mois de l’année et se termina le 17ème jour du 7ème mois, soit une durée d’exactement 5 mois.
Si l’on divise 150 par 5, on obtient un mois d’une durée de 30 jours. Par extrapolation, 12 mois de 30 jours nous donnent une année de 360 jours.
En Apocalypse 11:2–3, 42 mois égalent 1 260 jours. Quarante-deux mois égalent aussi 3 ans et demi. Si l’on divise 1 260 jours par 3½, on obtient là encore une année de 360 jours.
Nous allons maintenant nous intéresser à Néhémie, un autre héros biblique. Néhémie était l’échanson juif du roi perse, Artaxerxès Longimanus, le cinquième roi de l’Empire perse.
D’après le récit de Néhémie au chapitre deux de son livre, c’est au cours de la 20ème année de son règne que le roi l’autorisa à superviser la réhabilitation des murailles de Jérusalem. On est en mesure de dater cet événement avec précision du fait que les Perses disposaient de tables astronomiques extrêmement précises.
[à suivre]


Thursday January 01, 1970