Mystères de la Bible N°110 – Daniel le prophète – Chapitre 10A – La guerre spirituelle

DANIEL LE PROPHÈTE
Chapitre 10A – La guerre spirituelle
Le chapitre 10 du livre de Daniel est une introduction à la révélation qui est consignée aux chapitres 11 et 12.
À l’origine, les textes bibliques n’étaient pas divisés en chapitres et en versets.
On s’accorde à dire que Stephen Langton, archevêque de Canterbury de 1207 à 1228, fut le premier à diviser en chapitres la version latine Vulgate de la Bible, en 1205.
L’imprimeur parisien Robert Estienne, fut le premier à introduire des numéros de versets dans les chapitres, et sa première édition du Nouveau Testament qui comportait des numéros de versets, fut imprimée en 1565.
Cette information est importante dans la mesure où elle explique la façon étrange dont certains passages de la Bible ont été divisés en chapitres. Et en particulier, la séparation entre ce chapitre et le suivant.
Au chapitre premier de son livre, Daniel nous dit qu’il a demeuré à la cour de Babylone jusqu’à la première année du règne du roi Cyrus. Les événements relatés dans ce chapitre ont eu lieu dans la troisième année du règne de Cyrus. Il ne s’agit pas de la troisième année de son règne comme roi de Perse, mais de la troisième année à compter de son couronnement comme roi de Babylone.
Il y a deux façons d’expliquer cette contradiction apparente: il se peut que Daniel ait continué par intermittence de servir le roi jusqu’à la première année du roi Cyrus, et qu’ensuite il ait pris sa retraite. Donc, il n’y aurait pas de contradiction avec le fait que la scène décrite ait eu lieu deux ans plus tard.
Ou alors, – et c’est plus probable – la raison en est que le premier chapitre a été rédigé au cours de la première année du règne de Cyrus.
Le Livre de Daniel est un recueil d’écrits rédigés sur une période de plusieurs années, et non pas un long récit rédigé en ordre chronologique.
La plupart des érudits s’accordent à dire que c’est seulement au cours des dernières années de la vie de Daniel que le livre de Daniel a été assemblé en un seul document. Il est donc possible que la première affirmation soit vraie au moment où le premier chapitre a été rédigé et que, plus tard, à l’époque de la rédaction du chapitre 10, la seconde soit également vraie.
On nous dit, sans plus de précisions, que juste avant les événements relatés dans ce chapitre, Daniel jeûnait et menait deuil depuis trois semaines.
Nous savons, d’après le récit biblique, que Cyrus a autorisé les Juifs à retourner en Juda dans la première année de son règne à Babylone. Toutefois, tout le monde à la cour des rois perses n’était pas aussi accommodant envers les Juifs.
Des documents historiques nous révèlent que Cambyse II, le fils et héritier de Cyrus, ne leur était pas favorable.
D’ailleurs, au chapitre 6, nous avons vu que Daniel avait des ennemis à la cour. En sa qualité de Juif le plus haut placé de l’Empire, il est fort probable que l’animosité personnelle qui se manifestait envers Daniel n’était que le reflet de l’animosité ambiante vis-à-vis des Juifs en général.
Bien que le décret autorisant les Juifs à retourner en Judée fût promulgué dès la première année du règne de Cyrus comme roi de Babylone, c’est-à-dire en 538 avant J.-C., leur retour n’eut lieu qu’en 536 avant J.-C. Ceci correspond à la troisième année du règne de Cyrus et coïncide avec les événements relatés dans ce chapitre.
Se pourrait-il que certains événements retardèrent le retour des Juifs ? Nul doute que certains étaient opposés à ce retour, comme on a pu le voir au chapitre 4 du livre d’Esdras, lorsque les Samaritains ont demandé à plusieurs reprises aux Perses d’empêcher les Juifs de rebâtir le temple.
Daniel était un homme de prière, comme en atteste sa prière du chapitre 9, et le fait qu’il n’avait pas hésité à mettre sa vie en péril, au chapitre 6.
Cette fois-ci, il n’était pas à Babylone ni à Sushan, puisque le récit de ce chapitre le situe quelque part sur le Tigre. Puisqu’il était dans l’impossibilité d’exercer une quelconque influence à la cour dans cette affaire, il entreprit de s’en remettre à la seule chose qu’il savait pouvoir renverser le cours des choses dans ces circonstances, à savoir jeûner et prier.
Daniel pria pendant 21 jours avant de rencontrer un ange. Les hommes qui étaient avec lui ne virent pas l’ange mais ils furent saisis d’une grande frayeur et coururent se cacher. Ils eurent probablement peur parce qu’ils avaient entendu le son de sa voix, que Daniel décrit comme le bruit d’une grande foule.
Mais Daniel voit ce qu’il appelle un « homme », vêtu d’habits de lin et portant une ceinture en or pur autour des reins. Son corps luisait comme de la topaze. C’est le mot hébreu tarshish qui a été traduit par « topaze » (ou « béryl », suivant les versions de la Bible)
On pense que cette pierre précieuse tire son nom du pays de Tarshish qui, d’après de nombreux exégètes de la Bible, serait une région du sud de l’Espagne actuelle, où les Phéniciens avaient établi un comptoir commercial et où l’on trouvait cette pierre en abondance.
C’est une pierre de couleur verte, avec des reflets mordorés. Le visage de « l’homme » brillait comme l’éclair, ses yeux pareils à des flammes ardentes, et ses bras et ses pieds avaient l’éclat du bronze poli. À la vue de cette apparition, Daniel perdit connaissance.
Puis le messager céleste toucha Daniel, et Daniel se redressa devant lui, tout tremblant, sur ses genoux et sur les paumes de ses mains. L’ange expliqua alors à Daniel la raison de son apparition, en lui disant qu’il était venu en réponse à ses prières.
Ensuite, l’ange raconta à Daniel son combat contre le prince du royaume de Perse pendant 21 jours, et comment il l’avait vaincu avec l’aide de l’archange Michel. La plupart des commentateurs de la Bible pensent que ce prince de Perse était un être spirituel malfaisant auquel son maître, Satan, avait donné la domination sur la Perse.
Il y a deux lectures possibles du récit cette lutte. La première, c’est de considérer que le messager a seulement été envoyé à Daniel pour lui transmettre le message qui est révélé au chapitre suivant. C’est tout à fait plausible. Et il ne fait aucun doute qu’une entité démoniaque de la stature de cet adversaire aurait lutté sauvagement contre le messager céleste.
Le livre de l’Apocalypse nous donne un aperçu parfois terrifiant, d’une richesse à couper le souffle, mais toujours passionnant, du monde de l’esprit.
Si le récit de l’Apocalypse relate principalement les dernières années de la Terre telle que nous la connaissons, la majeure partie de l’action ne se déroule pas dans le monde physique mais plutôt dans le monde spirituel avec lequel il coexiste.
Certes, on découvre dans ces pages de nombreuses créatures hideuses, tout droit sorties du monde des enfers, mais il existe beaucoup plus d’êtres célestes merveilleux et magnifiques, qui luttent pour le bien et qui, à la fin, en ressortent victorieux.
La guerre spirituelle n’est pas uniquement un thème favori des livres d’heroic fantasy. C’est un phénomène bien réel qui a lieu en ce moment-même.
Ce n’est pas quelque chose que l’on peut percevoir avec ses yeux physiques, mais il arrive que ses effets débordent dans notre monde physique. C’est une lutte à mort, non pas pour les combattants qui sont engagés dans cette guerre, mais pour nous, et principalement pour notre vie spirituelle, et dans une certaine mesure, c’est également une lutte sans merci pour notre vie physique.
Plusieurs passages du livre de l’Apocalypse décrivent avec force détails les entités qui se livrent cette guerre dans l’arène spirituelle.
Jean, l’auteur de l’Apocalypse, écrit qu’il fut emporté dans ce domaine après qu’on lui eut montré une porte ouverte donnant sur le Ciel (Apocalypse 4:1-2)
Il voit d’abord les gloires de la salle du trône de Dieu et un nombre considérable d’anges et de bons esprits, tels que les puissants séraphins qui entourent le trône de Dieu.
Mais bientôt, il est le témoin de scènes beaucoup moins agréables, comme des anges déversant les jugements de Dieu – d’abord au son des sept trompettes retentissant l’une après l’autre, puis les sept fléaux qui s’avèrent encore plus dévastateurs.
Il voit également le diable sous les traits d’un dragon infanticide sans pitié, mais l’archange Michel mène les bons anges au combat contre le dragon et ses démons qu’il écrase et chasse complètement du monde céleste.
Jean décrit brièvement la grande guerre spirituelle qui, apparemment, a lieu quelque temps avant la Grande Détresse. Nous ne savons pas combien de temps durera la guerre, mais nous savons que le diable et ses séides sont suffisamment forts pour offrir une résistance acharnée.
« Alors une bataille s’engagea dans le ciel : Michel et ses anges combattirent contre le dragon, et celui–ci les combattit avec ses anges ; mais le dragon ne remporta pas la victoire et ne put maintenir leur position au ciel. Il fut précipité, le grand dragon, le serpent ancien, qu’on appelle le diable et Satan, celui qui égare le monde entier. Il fut précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui. » (Apocalypse 12:7–9)
À suivre….


Thursday January 01, 1970